
Compagnie en résidence d’implantation territoriale à Saint Quentin dans les Hauts-de-France
Conventionnée Région Hauts-de-France.
Soutenue par le Ministère de la culture / DRAC Hauts-de-France, le Conseil départemental de l’Aisne
Compagnie associée à la Comédie Picardie (Amiens)

Où
allons-nous demain ?
Création janvier 2026
adapté de "La piste animale" de Baptiste Morizot
intéprété par Catherine Vrignaud Cohen et Marie-Lyse Polchlopek
co-mes Ana Karina Lombardi & Catherine Vrignaud Cohen

RÉSUMÉ
Une veillée, en plein jour, au milieu d'une salle des fêtes... pourquoi pas ? Une femme, pisteuse-conteuse, prend la parole : elle raconte une nuit au troupeau et la rencontre improbable avec un loup, des heures de pistage, à l'affut des traces et des signes laissés ça et là par un ours, et l'imaginaire qui s'emballe... Avec elle une musicienne, elle aussi à l’affût, chasseuse de sons. Toutes deux portent une attention particulière au monde vivant qui les entoure.
Installation théâtrale et sonore à partir de 13 ans
40 min (estimée)
Hors les murs (autonome techniquement)
2 interprètes
50 spectateurs
Surface mini 5 x 5
2h d’installation
« Où allons-nous demain » est une expérience sensible
sur ce que Baptiste Morizot appelle « s’enforester ».
2026 (avant-premières)
• 17 novembre - 15h30 : EPHAD Tiers Temps (Saint Quentin)
• 18 novembre - 18h30 : BU de Saint Quentin (Saint Quentin)
• 19 novembre - 18h30 : CS Artois Champagne (Saint Quentin)
SAISON 26 / 27
• 13 janvier - 15h15 : Lycée Pierre Mendès France (Péronne)
• 15 janvier - 10h15 et 15h15 : Collège et lycée Henri Martin (Saint Quentin)
• 16 janvier - 16h30 : Lycée Condorcet (Saint Quentin)
• 17 janvier - 15h : Maison du Parc au Parc d'Isle (Saint Quentin)
«Pister, c’est parfois comme rentrer à la maison le soir, une très grande maison avec le ciel pour plafond, et suivre à travers les pièces les traces omniprésentes laissées par les êtres qui vivent avec nous ici ; les petits indices poignants de leurs activités journalières, tout ce qu’ils ont fait lorsqu’on était absent : le bol non rangé sur la table de la cuisine avec son reste à peine coupable de céréales ; ici des chaussons abandonnés devant la douche ; tous ces petits indices où l’on peut pister l’activité d’un être cher, ses préoccupations, jusqu’à son état d’esprit. Son art d’habiter, et de cohabiter avec nous, enchevêtré à nous, dans ce monde commun. »
Extrait de
« La piste animale » de Baptiste Morizot
NOTE D'INTENTION
J’ai découvert Baptiste Mozirot une première fois en lisant « Les furtifs » d'Alain Damasio, et une deuxième fois quand Ana Karina Lombardi m’a fait part de son envie d’adapter une de ses œuvres. Ce jour-là, elle m’a prêtée un de ses livres phares : « Manières d’être vivant ». Je l’ai lu cinq fois quasiment d’affilée. Une révélation. Je suis sensible depuis des années aux questions écologiques, au rapport aux animaux, au respect des saisons, à la « nature ». Mais ce livre m’a fait comprendre à quel point je n’étais qu’au début du chemin de prise de conscience. Baptiste Morizot parle d’une « crise de l’attention » car l’être humain s’est extrait de « la nature » et l’étudie comme s’il n’en faisait pas partie. C’est exactement ce que j’ai réalisé. J’étais centrée sur mon statut d’humaine et « extraite » de l’environnement qui m’entoure. J’ai pris conscience que si j’observe avec attention, le vivant est partout et que j’en fais partie. En me déplaçant ainsi, je ne relationne plus du tout de la même façon avec les oiseaux qui dialoguent dans le ciel, les arbres qui s’échangent des secrets, le chat qui miaule au début du matin… Tout devient jeu de piste. La curiosité s’éveille. Tout devient une occasion d’essayer de se mettre « à la place de » pour mieux comprendre le langage de ces autres êtres vivants. C’est comme si, en ouvrant mon attention, j’ouvrais aussi ma conscience. Comme si mon champ de rencontre s’était, d’un coup, amplifié.
À la suite de la lecture, j’ai commencé à écouter les oiseaux et tenter de les reconnaitre. Un jour, je sortais de chez moi, tôt le matin, j’étais fatiguée, préoccupée, casque sur les oreilles, je ruminais en musique. Entre deux chansons, j’entends un oiseau. Ayant demandé à mon cerveau depuis plusieurs semaines d’être attentif, il s’est mis à se connecter à ce chant. Qui est-ce ? Où est-il ? A quoi ressemble-t-il ? J’enlève mon casque, je m’arrête et j’observe. Et tout à coup je réalise que je ne rumine plus et même qu’une certaine joie, quasi enfantine, est arrivée. Je garde ce souvenir comme une pépite et comme un rappel : je ne suis pas seule et que ma solitude humaine est, en fait, une fermeture aux « vivants ».
Comme souvent lorsque quelque chose me bouleverse, j’ai envie de le partager. L’écriture de Baptiste Morizot est à la fois très précise (il est philosophe et éthologue) et très concrète (il est pisteur depuis des années). C’est à travers ses expériences de pisteur qu’il nous fait expérimenter un nouveau rapport au vivant. C'est une porte d’entrée ludique, pleine de suspens et de profondeur. L’adapter au théâtre, dans un format « tout terrain », s’est imposé comme une évidence pour partager ce déplacement de l’attention.
Catherine Vrignaud Cohen
« Où irez-vous demain, le jour d’après, encore la semaine prochaine, quand vous serez arrivés aux dernières pages de ce livre ? »

Où allons-nous demain ? est une forme techniquement autonome et légère pour espaces non dédiés. Elle a pour vocation d'aller partout à la rencontre des spectateurs, en intérieur comme en extérieur.
Un spectacle en forme de veillée pour partager des histoires de pistage, de rencontres et des réflexions qui nous éclairent pour penser un monde interconnecté et sensible.
Comment mieux cohabiter avec les autres vivants, retrouver une place juste au milieu d'une nature dont nous faisons partie, au même titre que les autres espèces.
L’espace est délimité par une matière végétale, qui serait comme une forêt à explorer et l’endroit sacré de la conteuse. Quatre supports à chaque coin comme quatre jeunes troncs d'arbre indiquent les directions, au centre un bâton de bois flotté comme un repère. Les spectateurs sont placés tout autour, se faisant face pour écouter ensemble.
Le dispositif sonore est très léger : plusieurs enceintes portatives dissimulées, pour que les spectateurs se sentent immergés au milieu des sons... du vent, le hurlement du loup, des pas dans les feuilles, de la musique…
Pour cette création, nous avons décidé d’inverser les rôles. Catherine a dirigé Ana Karina sur deux de ses mises en scène et aujourd’hui c’est le contraire. Ce choix s’est fait naturellement, mues par une complicité profonde entre nous, le désir fort de Catherine de défendre ce texte et et le plaisir d'Ana Karina d'accompagner Catherine au plateau dans sa première interprétation.
« C'est uniquement par un contact régulier avec le sol tangible et avec le ciel que nous pourrons apprendre à nous orienter et à naviguer au cœur des dimensions multiples qui nous réclament. » Abram
ACTIONS ARTISTIQUES
INVITATION À LA PROMENADE
Atelier pour classe de 3ème ou de seconde / Écriture et photographie
Nous inspirant du bio régionalisme, qui propose de penser notre lieu de vie différemment et de développer un nouveau modèle d'attention au lieu habité, nous inviterons les participants de notre atelier à porter cette attention nouvelle aux uns et aux autres et au monde au-delà de l'humain sur le territoire.
Il s'agira également d'inviter les participants à créer sur une zone délimitée du territoire le temps d'une pause. Nous proposerons aux participants d'écrire sur leur rapport intime à cet espace naturel. Tout d'abord à partir des souvenirs de leurs pratiques du lieu : balades dominicales, familiales, entre copains, en bande ou en solitaire... picnic, jeux, ennui etc... Dans un deuxième temps en les invitant à découvrir ces lieux familiers comme le feraient des explorateurs d'un territoire inconnu : promenade à l'écoute des oiseaux, attention particulière aux présences des autres vivants, que ce soit animaux, végétaux ou insectes... Et de revenir ensuite à l'exercice d'écriture, plein de ces expériences, forts de leurs sensations, dans une tentative de mise en mots de leur aventure.
A la suite de cette expérience d’écriture, le premier temps photographique sera constitué d'un reportage qui témoignera du parcours réalisé par les groupes accompagnés dans leurs ateliers d'écriture par Ana Karina. Le deuxième temps sera réalisé en direct avec les participants-auteurs. À partir de leurs sensations “retranscrites”, nous travaillerons à créer ensemble des images. Ce seront autant de portraits en lien avec le travail individuel d’écriture réalisé au cours des ateliers.
LECTURE PISTÉE
Tout public / Texte et environnement / 1h
L’idée sera de proposer plusieurs temps (sur plusieurs saisons) de lecture pistée dans la ville de Saint Quentin. Le traçage du trajet se fera avec des acteurs de la ville qui connaissent leur territoire : animateur du Parc d’Isle, paysagiste, urbaniste etc… Un trajet d’une heure sera défini et Ana Karina Lombardi prévoira des arrêts avec lecture de texte en lien avec cette balade.

Co-production
Production Compagnie Empreinte(s) Coproduction Ville de Saint Quentin, Comédie de Picardie (Amiens), Région Hauts de France Résidence
PRODUCTION EN COURS / EN RECHERCHE DE RÉSIDENCE

